Le coq est une pièce maîtresse d’un mécanisme de montre. Il maintient l’axe du balancier, le ressort en spirale, et la verge. Le coq s’il n’est pas visible n’en reste pas moins une véritable œuvre d’art miniature.

Les détails y sont multiples et sans l’aide d’une loupe, resteraient invisibles. La venue de la miniaturisation des mécanismes -surtout en épaisseur- sonnera l’avènement d’une nouvelle utilisation du coq. Il sera démonté et transformé en broches ou en épingles à cravate. Ce dernier emploi -s’il lui rend une dénomination de véritable bijou d’orfèvrerie- sera pour nous, collectionneurs, un véritable casse-tête pour récupérer et restaurer des oignons. Même s’il nous arrive d’en trouver un monté en broche, la transformation et l’usure rendront impossibles la réintégration à sa première fonction.

Evidemment, au gré de mes pérégrinations, j’ai réussi à m’en procurer quelques-uns d’époque. Avec le temps j’ai donc dû en façonner moi-même pour réentendre le son magique du tic tac d’un oignon inutilisé depuis 3 siècles. Car même si le cadran et les aiguilles sont manquants, ce tic-tac ressuscité est un moment intense.
Le procédé utilisé est le même que celui des cadrans mais le premier moule n’est pas définitif. Les intempéries et la transformation ayant joué sur les métaux, l’empreinte laissée doit être remise aux cotes de l’oignon.

La dernière étape, à cause du nombre de détails, s’avère très méticuleuse. Après avoir vérifié que le coq s’adapte bien au mécanisme, je dois systématiquement faire une vérification du nouvel objet avec une loupe afin d’ébavurer toutes les micro-gravures. Ce travail est des plus minutieux et demande du temps. J’ai souvent été contraint de fabriquer mes propres outils en fonction de certains coqs.
Le coq est terminé et il reprend sa fonction première : celle d’une œuvre d’art indispensable caché aux yeux du novice. Le secret des initiés,l’âme de la montre.